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Georges
Devereux
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actualisé
le
samedi, 3 juillet, 2010 4:24
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le 98, Boulevard de Sébastopol |
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| Qu'est-ce que le Centre Georges Devereux ? | ||
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| Présentation |
![]() Annick Doledec |
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| La clinique | ||
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Le Centre Georges Devereux a débuté ses
activités le 1er janvier 1993. |
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| Le Centre Universitaire d'Aide Psychologique aux familles migrantes est: une unité universitaire de clinique psychologique. Emanation de l'UFR Psychologie, Pratiques cliniques et sociales de lUniversité de Paris VIII, ce centre est la première unité universitaire de clinique psychologique en France.Il s'est structuré autour de quatre grands objectifs : l'innovation technique en psychologie clinique, la création d'une véritable dynamique de recherche, la constitution d'une unité d'enseignement clinique en Psychologie et l'organisation d'un pôle de formation. 1. La psychologie clinique En France, la recherche universitaire en Psychologie Clinique souffre, en règle générale, d'un grave déficit du fait:
De telles structures permettent en effet de réunir en un même lieu et donc d'entraîner dans une même dynamique de pensée enseignants, chercheurs, doctorants et étudiants.L'UFR Psychologie, Pratiques cliniques et sociales de l'Université de Paris VIII a entrepris;
Le dispositif clinique Une séance d'ethnopsychiatrie se déroule
de la manière suivante : autour d'une famille, conduite au Centre
Georges Devereux par l'un de ses référents institutionnels
(assistante sociale, psychologue, médecin), se réunissent
une dizaine de professionnels (en général psychologues cliniciens,
mais aussi, médecins, psychiatres, anthropologues, linguistes).
Parmi ces professionnels, au moins l'un d'entre eux parle la langue maternelle
de la famille et connaît, pour les avoir plus particulièrement
étudiées, les habitudes thérapeutiques ayant cours
dans l'environnement habituel de la famille. Les autres, souvent spécialistes
d'autres régions, sont tout de même sensibilisés à
l'importance des traditions thérapeutiques locales. Le référent
qui a conduit la famille parle d'abord, explique ce qu'il attend de cette
consultation, expose ce qui, à son sens, constitue les difficultés,
les souffrances bref, la problématique de la famille.
Particulièrement intéressés par les phénomènes
de traduction, nous favorisons l'expression dans la langue maternelle.
La multitude d'intervenants permet l'expression d'une multiplicité
d'interprétations du désordre. Une séance d'ethnopsychiatrie
peut durer trois heures ou même davantage ; il est rare qu'elle
dure moins de deux heures.Là, les familles migrantes sont reçues
gratuitement, deux à trois heures durant ; dix professionnels diplômés
soccupent activement des problèmes dune même
famille. Les conséquences cliniques d'un tel dispositif sont de
briser la répartition habituelle des expertises qui sont en règle
générale : au patient la connaissance du développement
singulier de son mal, au thérapeute celle de la maladie et des
traitements. Dans une séance d'ethnopsychiatrie, nous voyons se
multiplier les statuts d'experts expert clinique, certes, mais
aussi expert de la langue, expert des coutumes, expert des systèmes
thérapeutiques locaux de la région du patient, expert des
systèmes thérapeutiques d'autres régions, expert
de la souffrance singulière. Voyant se déployer une multitude
d'interprétations de leur mal, ce sont les patients qui développeront
tel ou tel aspect en rebondissant sur l'une ou l'autre des propositions.
De plus, nous cherchons à démonter (à déconstruire)
avec le patient les théories qui ont toujours été
à l'origine des propositions thérapeutiques qui lui ont
été proposées par le passé. Lorsque nous parvenons
à organiser la séance selon nos principes de travail, le
patient perd d'un coup, et réellement, sa position d'objet, d'être
sans consistance qu'il faut traverser jusqu'à apercevoir les éléments
qui nous intéressent en lui. Plus question de lui attribuer une
nature par un diagnostic puis " d'interpréter "
son fonctionnement à partir d'une théorie. Il est de fait
partenaire obligé, indispensable alter ego d'une recherche
entreprise en commun. L'ethnopsychiatrie a pris l'habitude de repenser
avec le patient tant sa souffrance singulière ce que font
habituellement, chacune à sa manière, les thérapies
par la parole que les théories qui ont contenu cette souffrance,
qui l'ont, d'après nous, construite, élaborée. Généraliser
la logique de l'ethnopsychiatrie à tout patient, quelle que soit
son origine, amènerait à ne jamais hésiter à
le penser " construit " comme " cas "
; à postuler, surtout, que cette fabrication le concerne et l'intéresse
en un mot : que le patient est l'interlocuteur privilégié
de ce que la théorie du clinicien pense de lui.Nous pensons surtout
que cette façon de pratiquer est non seulement plus efficace
et par ailleurs plus conforme aux principes démocratiques
mais surtout qu'elle transforme le patient en être potentiellement
récalcitrant, permettant peut-être de donner naissance
à ceux qui pourront réfuter les discours des thérapeutes.Exemple
: après avoir soigné avec succès un enfant zaïrois
de 8 ans qui prétendait lui-même être un " sorcier
cannibale ", ses parents nous ont accusés ainsi : " pour
l'instant, vous avez permis qu'il ne parle plus de sorcellerie. Mais nous,
nous sommes encore plus inquiets qu'avant. Peut-être votre travail
lui a-t-il permis de dissimuler ses activités sorcières.
Serez-vous encore là lorsqu'à 18 ans, il se mettra à
nous ensorceler sans que l'on s'en rende même compte. Chez nous,
le guérisseur lui aurait définitivement fait vomir sa sorcellerie
"
Les parents nous comparaient, par conséquent, aux praticiens auxquels
ils auraient sans doute soumis les difficultés de l'enfant s'ils
étaient restés au Zaïre. Plus même, ils évaluaient
les conséquences pour eux, à plus ou moins long terme, de
leur inclusion dans les réseaux thérapeutiques français.
Cette possibilité de comparer, d'évaluer, de choisir, offerte
ainsi aux patients migrants provient du fait qu'étant membres d'un
collectif perceptible (la communauté zaïroise en France),
ils en connaissent les représentants pour ainsi dire " naturels "
(leurs guérisseurs).L'ethnopsychiatrie, riche de son expérience
avec les patients migrants, a progressivement mis au point une autre construction
de la scène psychothérapique, plus éloignée
du confessionnal catholique et tendant de plus en plus à ressembler
à un parlement mais un parlement où les intérêts
des hommes ne seraient pas seuls représentés ; un parlement
dans lequel on défendrait aussi les intérêts des " choses " ;
également les intérêts des dieux. Il me semble par
conséquent que l'ethnopsychiatrie qui se pratique au Centre Georges
Devereux n'a pas seulement des ambitions scientifiques, elle a
aussi la prétention de proposer un espace psychothérapique
contradictoire, pluri-référencé. De ce point de vue,
elle constitue également une expérience politique ....
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| La création d'une véritable dynamique de recherche en psychologie clinique Considérant que les recherches
en psychologie clinique s'appuient souvent sur des bases logiques difficiles
à soutenir du fait que les cliniciens sont eux-mêmes affiliés
à la théorie censée rendre compte du processus qu'ils
mettent en uvre, les cliniciens et universitaires du centre ont
tenté d'apporter de nouvelles propositions théoriques et
techniques.Ils ont proposé de partir : |
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Le service des médiateurs
ethnocliniciens |
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