Serial eater

roman

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Tobie Nathan

Psychanalyste, spécialiste d’ethnopsychiatrie, professeur des Universités, mais aussi écrivain de polars. On lui doit Saraka bô, porté à l’écran, Dieu-Dope et 613 , aux éditions Rivages.

L'action débute le mardi 11 septembre 2001. C'est ce jour-là qu'un psychiatre parisien, Abdelaziz Padoue, reçoit un étrange patient qui interroge son médecin au lieu de se laisser examiner par lui. Le vendredi suivant, le 14 septembre, on trouve une main de femme sectionnée sur l'autel d'une église parisienne. Et c'est une jolie femme de trente-sept ans, Béatrice-Belle Darmentières, qui est désignée pour instruire l'affaire. Plus les cadavres se succèdent, plus la juge se passionne pour l'enquête, d'autant que le criminologue qu'elle s'adjoint ne lui est pas indifférent. Mais lorsqu'une grande passion survient alors que vous êtes chargée de l'affaire de meurtres en série la plus dingue qu'ait connue Paris et qu'il vous faut affronter par-dessus le marché un fiancé jaloux, des collaborateurs surtout préoccupés de leur carrière et des journalistes déchaînés, vous commencez à ne plus savoir quel dieu prier.

Serial eater éclaire l'alliance qui s'est nouée ces dernières années entre les religions et le meurtre.

C'est un polar mystique qui prend au sérieux les équations kabbalistiques ; c'est un polar féministe qui raconte de l'intérieur les contradictions d'une femme moderne ; c'est aussi un polar qui relève le défi d'expliquer les énigmes d'aujourd'hui grâce aux connaissances d'autrefois.


Serial Eater
Paris, Rivages Thriller, 2004, 15 euros


Tobie Nathan

Paris-Match : "Kabbale explosive"
"Pris aux tripes, tout de suite. Par ce psychiatre qui reçoit un étrange client, aux inquiétantes manières. Par cette juge qu'on imagine ravissante, qui s'appelle Belle, saisie d'une incroyable affaire : des bouts de cadavres retrouvés dans des églises, mis en scène avec le pain, le vin, le Livre. Pris au cerveau également par ce 'profileur' prise de tête, séduisant puits de science qui semble si bien comprendre le tueur en série qu'on en vient à le soupçonner. Le meurtier lui-même, enfin, qui rôde de page en page, apparaissant toujours quand on l'attend le moins, qui terrorise le lecteur jusqu'à la scène finale.
Tobie Nathan, grand ethnopsy devant l'eternel, en est à son quatrième roman, sans compter de très nombreux ouvrages scientifiques? D'où la maîtrise, la complexité et la limpidité à la fois de l'intrigue qui commence un certain 11 septembre 2001, vous savez, le World Trade Center... Et cela n'a rien de gratuit. A l'aise dans les scènes les plus sanglantes comme les plus torrides — la juge en jupette tombe raide dingue de son profileur et elle a un sacré tempérament —, Nathan se balade surtout dans les arcanes de l'ésotérisme, autrement dit l'intelligence appliquée à l'histoire decrète des sociétés. 'Plus l'affaire avançait et plus on découvrait que, sous une mince croute de modernité, la France était traversée, irriguée, de réseuax moyenâgeux, véritables artères nourricières auxquelles tant de personnes venaient s'abreuver en secret. On aurait dit deux France qui [...] se retrouvaient connectées par l'action du tueur.' A travers les peurs séculaires mêlées à celles de notre époque, folie, terrorisme, sadisme, occulisme, ce suspense judiciaire et policier est haletant, érotique, ésotérique... et biblique. Tous les ingrédients pour une dégustation savoureuse des sens et de l'esprit." Jean Cavé.

Sur le net…

zone littéraire

"… Dans ce nouveau roman, dans la lignée de Saraka-bô, Tobie Nathan, professeur de psychologie clinique et pathologique à l'Université de Paris 8, choisi une nouvelle fois le genre policier pour explorer une société en mutation, 11 septembre 2001 oblige. Cette société en quête d'elle-même apparaît réellement, à travers ce roman haletant, plongé dans les affres de l'angoisse et en proie à des bouffées anxiogènes.

… Nathan fait également preuve d'une belle érudition, sans pédantisme aucun et donnant souvent même envie d'en connaître plus. Il entraîne allègrement son lecteur dans les méandres d'une enquête où le phénomène religieux tient une place importante. A tel point que l'on peut aisément qualifier son roman de thriller ésotérique.

Méfiez vous de ce roman dans lequel tous les mots font sens!

… la belle juge Darmentières. Avec elle, Nathan brosse un beau portrait de femmes moderne: active, cultivée et remplie de doutes. Doutes qui sont autant d'entraves à sa vie et à son enquête. Enquête d'autant plus ardue que le tueur semble motivé par une logique interne difficilement déchiffrable.

A quand une adaptation télévisuelle ou cinématographique monsieur Nathan?

Christophe Chevaucheriezone littéraire

 

"La morne existence de la juge d'instruction Béatrice Belle Darmentières est enfin chamboulée par les crimes d'un tueur en série, qui installe membres et organes de ses victimes sur les autels de diverses églises parisiennes. Voilà bien du nouveau dans le genre... Le profileur Soli, un personnage plutôt trouble chargé d'assister Belle dans son enquête, prend cela comme un rebus. Ce petit homme remonte aux sources des mots de la Thora afin de percer le mystère. De sorte que le roman – c'est son étrangeté – ressemble à une passionnante conversation sur les origines mystiques du mal."

Le Figaro Littéraire Samedi 2 octobre 2004

 

VIENT DE PARAÎTRE
No 19


LE BULLETIN DES NOUVEAUTÉS
DÉCEMBRE 2004

Ministère
des Affaires étrangères

adpf•

LITTÉRATURE : POLARS ET ROMANS NOIRS 55

NATHAN Tobie
Serial Eater
[Rivages, coll. « Thriller », 246 p., 15,50 °Ë,
ISBN : 2-7436-1293-2.]

•Septembre 2001, Paris est le théâtre de crimes violents. La piste d’un serial killer sadique est rapidement mise en avant, le modus operandi du tueur semblant être toujours le même : des femmes sont démembrées à leur domicile avant que des parties de leurs corps ne soient retrouvées soigneusement disposées dans des églises parisiennes. La belle juge d’instruction Béatrice-Belle Darmentières est chargée d’instruire l’enquête. Elle s’adjoint les services de Salomon Ghani, criminologue d’origine égyptienne spécialisé dans les crimes rituels avec un arrière-fond religieux. Très vite, la rationaliste Béatrice-Belle pénètre dans un univers de mystères et de symboles, le beau Salomon l’initie aux secrets de la Kabbale et du nom de Dieu, lui fait découvrir l’existence de rites inconnus. La vérité est ailleurs. À mesure que les cadavres s’amoncellent dans la capitale, Béatrice-Belle succombe aux charmes de ce criminologue que certains qualifient de « gourou ». Et si la juge d’instruction se faisait manipuler? Avec son quatrième polar, le célèbre psychanalyste parisien continue de creuser son sillon dans le champ du roman policier français.

Le polar est un genre que Tobie Nathan aime à travestir, un prétexte qui lui permet de distiller une grille de lecture symbolique de notre environnement. Ici, pas de place pour des relations de causalité simplistes ou des explications comportementalistes-cliché, comme c’est parfois le cas dans les livres centrés sur des serial killers. Plus nous avançons dans cette intrigue ténébreuse, plus nous avons la sensation que l’auteur lève patiemment le voile pour nous faire percevoir la profonde complexité à l’origine de nos actions. La force de Tobie Nathan est de parvenir à jouer sur plusieurs tableaux : en effet, la dimension mystique n’épuise pas le livre, qui est également le portrait d’une femme moderne. Qu’est-ce que l’amour ? D’où vient ce désir qui vous pousse à tout plaquer pour un seul homme ? Toutes ces questions sont également abordées dans Serial Eater.

Mais attention, si l’enquête est vue comme un prétexte, ou plutôt un moyen de parler de sujets plus graves, l’intrigue n’en reste pas moins réaliste et parfaitement ficelée, les scènes d’action, les rebondissements inattendus sont légion et offrent une lecture haletante.
A. M.

Un monde en [r]évolution

… "L'autre point fort de ce roman réside dans la clarté dont fait preuve l'auteur dans son traitement de l'histoire. Malgré des personnages tourmentés, au profil plutôt compliqué, Nathan raisonne et écrit en scientifique : l'enquête, la quête, de la juge Belle Darmentière est décrite précisément, minutieusement, ce qui souligne d'autant plus l'aspect complexe de chacun des protagonistes. Plus qu'un polar donc, Serial Eater pose la question de la place de la religion dans notre vie quotidienne, dans la réalisation de nos actions. Dans quelle mesure nous influence-t-elle, nous définit-elle dans le contexte actuel ? Tobie Nathan invite véritablement le lecteur à se remettre en question par rapport à ses croyances mais aussi par rapport à celles d'autrui."


Nathacha Rivalan

Lu sur les blogs…
AàZ Guide de la Bonne Lecture

J'ai pris ce livre un peu par hasard à la bibliothèque, sans rien en connaître, et sans connaître l'auteur. Je m'attendais à un thriller comme il y en a tant d'autres, délassant sur le moment mais vite oublié.
Et puis le choc : en plus d'un récit prenant aux tripes, ce roman est d'une érudition étonnante et amène au questionnement sur les religions, Dieu, les croyances ancestrales. Le cerveau entre en ébullition. J'ai d'ailleurs bien l'intention de le relire, car il est certain que je n'ai pas saisi toutes les réflexions des protagonistes. Mais j'aime cela! Sortir d'un roman en se disant qu'on en sait plus qu'avant mais qu'il y a encore tellement de choses qu'on ne connaît pas et qu'on ne maîtrise pas...
Après une petite recherche, je viens de découvrir que l'auteur est en fait un ethnopsychiatre : cela ne me surprend guère.
Le seul petit défaut du livre, à mes yeux, est de laisser un peu trop légèrement de côté certaines pistes suggérées par l'intrigue.

Serenité