| Mise au point |
Le Centre Georges Devereux, centre universitaire d'aide psychologique, a été une nouvelle fois attaqué et calomnié. On nous a, dans un article récent de la revue Politis, encore accusé de prôner l'excision. Comment cela est-il possible ? Pour clarifier notre position, nous affirmons sollennellemment que nous sommes évidemment opposés à la pratique de l'excision, tant en France que dans les pays africains. Cela ne nous empêche évidemment pas de réfléchir, notamment aux raisons qui font que cette pratique, malgré son caractère traumatique, persiste dans certaines populations. Cela ne nous empêche pas de penser à la stigmatisation d'une population très ciblée en France, celle des migrants originaires du Sahel. Et nous aimerions que cela ne nous empêche pas de penser Suivent ici une série de textes qui font le point sur cette "affaire" que nous aimerions voir aboutir sur un véritable débat démocratique, honnête, loyal et généreux et non sur des invectives et des anathèmes. Un article dans Liberation du 18 novembre 1999 : Excision: une polémique née d'un bidonnage Tobie Nathan, père de l'ethnopsychiatrie, accusé à tort de faire l'apologie de la mutilation. Par BLANDINE GROSJEAN |
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| Pourquoi déteste-t-on lémergence à ce point ? par Tobie Nathan |
"L'une de ces interviews a été attribuée à Tobie Nathan, ethnopsychiatre français réputé. Dans cette "interview", Tobie Nathan semblait justifier ou comprendre l'excision comme pratique d'éducation sociale, d'intégration et de protection des femmes dans les sociétés traditionnelles. Les réponses attribuées à Tobie Nathan ont, évidemment, eu le retentissement que l'on imagine dans les milieux antiexcision. Une belle polémique, avec un seul problème majeur: Tobie Nathan a été le premier surpris par ses... propos. Il n'a jamais reçu les journalistes qui ont signé l'interview dans Am. Et les réponses qui lui sont attribuées sont extraites d'une précédente interview, publiée par une revue française, et dont Tobie Nathan affirme avoir plusieurs fois déjà contesté la teneur. En clair, Tobie Nathan n'a jamais tenu les propos qui lui sont attribués par Am. Depuis cet incident, j'ai eu l'occasion de rencontrer Tobie Nathan, et de lui présenter nos excuses. Plutôt que de polémiquer dans une procèdure de justice, nous avons choisi, d'un commun accord, de rétablir la vérité par le biais de cet édito." Zyad Limam Mea Culpa. Editorial de Afrique Magazine, septembre 1999
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| DROIT DE REPONSE : Le centre universitaire daide psychologique Georges Devereux, objet de calomnie. À qui profite le mensonge ?Par Françoise Sironi |
A la suite de la publication de l'article de Claude Jourde, paru dans le numéro 573 de la revue Politis , c'est en tant que Directrice du Centre Georges Devereux et au nom de toute mon équipe que je tiens à exprimer ici ouvertement ma colère et mon indignation. Je m'étonne du fait qu'une revue comme Politis, hebdomadaire citoyen, prête ses colonnes à un auteur, ouvertement et délibérément malintentionné. En effet Claude Jourde n'hésite nullement à faire usage d'un faux pour attaquer à la fois le professeur Tobie Nathan et soixante cliniciens, universitaires, chercheurs, stagiaires, personnels administratifs qui constituent l'ensemble de l'équipe du Centre Georges Devereux, à l'université de Paris 8. Voyons les faits. Dans le numéro de Politis en question, Claude Jourde publiait un article proprement diffamatoire intitulé "Contre les dérives de l'ethnopsychiatrie" où elle accusait Tobie Nathan de faire l'apologie des mutilations sexuelles des femmes africaines. Pour ce faire, elle a tout bonnement recopié le contenu d'un article paru dans Afrique Magazine en avril 1999. Or il se trouve que l'interview à laquelle elle se réfère était un faux. Dans son éditorial signé "Mea culpa", paru en septembre 1999, le rédacteur en chef d'Afrique Magazine, Zyad Limam, réalisant la mystification dont son magazine avait été l'objet, reconnaissait publiquement qu'il s'agissait d'une fausse interview et que Tobie Nathan n'avait "jamais reçu les journalistes qui ont signé l'interview dans Afrique Magazine" ni "tenu les propos qui lui sont attribués". Vous comprendrez pourquoi je suis consternée de voir que dans un journal comme Politis, les sources d'un auteur, qui se dit universitaire de surcroît, ne fassent pas l'objet de la moindre vérification. Nous tenons encore une fois à affirmer que Tobie Nathan et les cliniciens du Centre Georges Devereux ne cautionnent ni ne défendent en aucune manière la pratique de l'excision. Une chose est d'attirer l'attention sur les conséquences tant psychologiques que médicales de l'excision, et nous y souscrivons, une toute autre chose est de tenter de comprendre le recours de certaines personnes à des rituels qu'elles pensent (à tort ou à raison) ancestraux (Tobie Nathan, Libération du 30 juillet 1997). Tout est parti de la publication d'une interview de Tobie Nathan dans Science et nature, en février 1995. Le journaliste avait quelque peu outré les propos de Tobie Nathan en les tirant dans le sens idéologique où il voulait bien les entendre. A l'époque, Tobie Nathan n'avait pas souhaité mettre de lhuile sur le feu. Confiant, il pensait que les lecteurs se référeraient à la vingtaine d'ouvrages et aux 200 articles scientifiques qu'il a écrits. Mais hélas, il est visiblement plus facile pour certains de lire des articles de journalistes qui exercent mal leur métier que des ouvrages universitaires où s'élaborent une pensée et un savoir véritables. Claude Jourde, l'auteur de cet article mensonger et faisant usage de faux, a certes provisoirement enseigné en tant que chargée de cours à lUFR 8, au sein de notre université. De ce fait l'auteur est encore plus inexcusable, n'ayant jamais pris la peine de contacter l'équipe du centre Georges Devereux avant d'écrire sur ses pratiques cliniques, et n'ayant visiblement pas lu les travaux du professeur Tobie Nathan avant de le critiquer. Pourquoi, diable attaque-t-on le travail du Centre Georges Devereux ? Que faisons-nous au Centre Georges Devereux et à l'Université Paris 8 pour susciter tant de convoitise ? Cette fois, cen est trop ! Nous avons décidé de répondre publiquement, au coup par coup, et au besoin sur le terrain judiciaire. Si la pratique de l'ethnopsychiatrie telle que Tobie Nathan l'a instaurée depuis plus de vingt ans est devenue l'objet de discussions, c'est avant tout parce qu'il l'a rendue publique, certain que les questions qu'elle pose aux pratiques psychologiques ne peuvent qu'enrichir la communauté des professionnels du soin (Tobie Nathan, Le Monde du 4 janvier 1997). Depuis janvier 1993, date de l'ouverture du centre Georges Devereux, plusieurs centaines de familles, ont été reçues au centre. Ce centre universitaire daide psychologique a dans un premier temps, accueilli des populations migrantes et plus récemment également des populations françaises culturellement ou socialement minoritaires, ainsi que des groupes marginalisés. Les patients sont reçus en consultation avec des représentants des équipes qui nous les adressent : services sociaux, éducatifs, milieux judiciaires et psychiatriques les patients migrants avec leurs médiateurs culturels, véritables êtres d'interface capables non seulement de parler la langue des patients mais également d'expliciter et de prendre en compte les logiques étiologiques et thérapeutiques en vigueur tant dans le monde culturel d'origine du patient que dans la société d'accueil. Les partenaires qui font appel aux compétences du centre s'inscrivent dans des domaines aussi variés que :
Depuis 1998, nous avons connu un accroissement et une diversification des sollicitations extérieures pour nos compétences dans des domaines tout à fait contemporains (comme celui de l'action humanitaire et des traumatismes délibérément induits par les hommes) ou novateurs, d'un point de vue clinique, comme le champ des minorités sexuelles, des sans domiciles fixes, des personnes qui se définissent comme victimes de psychothérapies, "La société ne peut voir d'un bon il que nous mettions à nu, sans nul égard, ses défectuosités et les dommages qu'elle cause. Parce que nous détruisons les illusions, on nous accuse de mettre en péril ses idéaux" . Ce constat que faisait Freud à propos des attaques dont la psychanalyse était l'objet, apparaît d'une étonnante actualité quand on analyse les attaques dont l'ethnopsychiatrie clinique, telle qu'elle a été élaborée par Tobie Nathan, et telle qu'elle se pratique au Centre Georges Devereux est l'objet. Nous sommes aujourd'hui la cible de psychanalystes conformistes et gardiens de dogmes, précisément du genre de praticiens tant dénoncés par Freud et par Lacan. Nous sommes la cible de cette psychanalyse frileuse, apeurée et phobique, de plus en plus délaissée par ses patients, incapable de supporter la réalité clinique contemporaine, cette réalité à laquelle nous sommes en revanche constamment confrontés au centre Georges Devereux. N'oublions pas que la plupart des patients que les équipes médicales, sociales ou éducatives nous adressent au centre sont en fait des échecs thérapeutiques. Ces patients ont été l'objet de multiples types de prises en charge, s'étalant parfois sur des dizaines d'années, avant de venir en consultation au centre. De même, en ce qui concerne le milieu judiciaire, la plupart des juges qui font appel à nos compétences pour une expertise sollicitent un éclairage culturel qui les aide efficacement dans le traitement de situations complexes et pour lesquelles les équipes thérapeutiques et éducatives sont en échec, là aussi, depuis de longues années. Une autre cause des attaques contre l'ethnopsychiatrie telle qu'elle se pratique au centre Georges Devereux tient au fait qu'en tant que discipline, elle se donne pour contrainte d'analyser tous les systèmes thérapeutiques, sans exclusive ni hiérarchie, qu'ils se revendiquent "savants" ou qu'ils se présentent comme spécifiques dune communauté (ethnique, religieuse ou sociale) autrement dit de situer les pratiques occidentales au même rang, quant à lanalyse, que les pratiques rapportées avec elles par les populations migrantes. Mais parce que certains analystes pratiquent la psychanalyse de façon volontairement hégémonique et arbitrairement universaliste, ils ne supportent pas une telle proposition méthodologique pourtant ô combien démocratique Claude Jourde invoque le courage qu'il faut aux détracteurs de l'ethnopsychiatrie... Assurément il lui en manque beaucoup, elle qui préfère, dans ce chiffon d'humeur, se recroqueviller sur des causes bien entendues comme la condamnation de l'excision, plutôt que de prendre de vrais risques, comme nous le faisons, quand nous cherchons à élaborer une pensée et une pratique clinique enfin, véritablement "symétriques". "Réhabiliter le mot culture c'est soumettre les chercheurs en sciences humaines à l'expertise de ceux qu'ils décrivent" écrit Tobie Nathan dans Libération . Et c'est bien là que le bât blesse pour des personnes comme Claude Jourde. Dans son article intitulé "Le défi des "droits culturels", paru dans la Chronique de la Ligue belge des droits de l'homme, la philosophe Isabelle Stengers écrit : "Nous refusons la voie facile qui s'ouvre à ce carrefour (des droits humains et de la culture) : prolonger comme d'ores et déjà "universelles" en droit les définitions produites par notre histoire. Nous n'ignorons pas que cette voie a mené à légitimer en tant que victoire des droits humains ce qui était en fait des opérations de disqualification, de conquête et de destruction" . Nous devons, j'en suis intimement convaincue, accepter de confronter loyalement nos modèles théoriques et thérapeutiques à d'autres systèmes de soins et de pensée. Tel est, assurément, le vrai engagement d'un clinicien citoyen pour le respect des droits de l'humain et pour le respect du droit des cultures. Tel est assurément l'avenir de nos pratiques cliniques et l'avenir des sciences humaines en général. À défaut de reconsidérer les choses dans ce sens, je ne sais quelle sorte de nouvelles guerres nous nous préparons. Léquipe du Centre Georges Devereux publie régulièrement depuis une vingtaine dannées La Nouvelle revue dethnopsychiatrie et, très prochainement, aux empêcheurs de penser en rond, Ethnopsy , les mondes contemporains de la guérison . On peut consulter son site web à http://www.ethnopsychiatrie.net Françoise Sironi |
| La fin justifie-t-elle nimporte quel moyen ?Contre les dérives stratégiques consistant à utiliser des méthodes inquisitoires pour défendre une cause. Par léquipe des chercheurs et cliniciens du Centre Georges Devereux |
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| Réponse à Claude Jourde Par Claude Mesmin |
En se référant à une fausse interview, que peut-on écrire sinon un faux article ou un article faux ? Faux et usage de faux, nest-ce pas puni par la loi ? Inventer une interview et la publier à linsu de son auteur supposé, est une action qui nest pas digne dun journaliste, mais reprendre ce même article pour accuser son involontaire victime sur des propos non tenus, nest pas digne dun enseignant. Je ne sais pourquoi ce titre denseignant que vous mentionnez là, alors que vous exerciez il y a trois ans à lUniversité Paris 8, vous autorise, Claude Jourde, à diffamer vos collègues du Centre Georges Devereux, à lUniversité Paris 8. Dans ce centre, travaillent ensemble des psychologues cliniciens, des enseignants-chercheurs, des étudiants en stage de 3e cycle. Nés en France ou à létranger, le même objectif de travail nous rassemble : la prise en charge des familles en difficulté, la plupart du temps migrantes, mais pas uniquement. Tous les cours dispensés, toutes les recherches menées et toutes les consultations conduites au centre à la demande des trois champs habituels de la psychologie que sont ceux de la santé, de la justice et de léducation, nous conduisent à rencontrer un public nombreux et à publier assez fréquemment. Si les accusations que vous portez étaient fondées, pourrions-nous recevoir autant de demandes ? Nous sommes de plus en en plus sollicités comme partenaires dans des recherches aussi bien par lUnion européenne que directement par des universités, des centres de soins dans différents pays (Italie, Suisse, Russie, Chili, Brésil, Mali, Sénégal, Djibouti ). Si nos prises de position étaient aussi contestables que vous laffirmez, il faudrait admettre que vous êtes seule et vigilante (avec votre groupe, peut-être ?) contre tous. Le groupe de "journalistes, écrivains et psychanalystes courageux et conscients " qui vous soutient, devrait vérifier ses sources avant de porter un jugement. Je veux bien admettre que vous avez rencontré assez de femmes africaines qui vous ont demandé dentendre et de défendre leurs revendications, mais, de la même façon, avant de porter un jugement, vous auriez dû venir au Centre Georges Devereux voir comment tous les psychologues cliniciens travaillent. Vous auriez compris alors que les difficultés que rencontrent adultes et enfants dans la migration occupent tout notre temps et alimentent nos discussions. La transformation des cultures, dont nous sommes les témoins et que nous respectons, ne nous permet pas de porter, comme vous, un jugement sans appel. Notre but est de permettre aux familles de trouver leur chemin sans trop se mettre en danger pour elles-mêmes et pour leurs enfants. Notre devoir dhospitalité et nos connaissances de la psychologie clinique lexigent ainsi. Si, comme nous le pensons, parler cest faire surgir les objets, vous avez sorti les vôtres, que je ne jugerai pas, et avez tenté de manipuler nos objets, en utilisant ce que vous croyez être notre langue. Mais, sans en connaître le code, vous ne pouviez agir sans vous tromper. Par contre, vous devriez savoir que les migrants sont en train dapprendre à manipuler les objets de notre monde, comme nous apprenons à comprendre les leurs, comme nous le faisons au Centre Georges Devereux, ce qui nous permet de repenser les nôtres mais ne nous autorise pas à modifier les leurs, ils le feront eux-mêmes. Donnez-leur, Claude Jourde, le même droit dagir que celui que vous vous octroyez et que nous, cliniciens du Centre Georges Devereux, nous leur reconnaissons. Claude Mesmin |
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Encore une réponse Une réaction de Nathalie Schlatter Milon |
Je voudrais m'exprimer à la suite de l'article de Claude Jourde paru dans l'hebdo Politis n° 573 du 4 novembre 1999 : "Contre les dérives de l'ethnopsychiatrie". Il y est tenu des propos sans consistance à partir d'une hypothétique interview que Tobie Nathan aurait accordée en avril 1999 à la revue Afrique Magazine en illustration d'un témoignage subtilement choisi d'une africaine, à propos de son vécu de jeune femme excisée dans le cadre d'un dossier sur l'excision. Je dis sans consistance puisque cette interview n'a jamais eu lieu. Un édito du rédacteur en chef de cette revue, Zyad Limam, a paru dans le n° de septembre 1999 et tient lieu, il faut le souligner, de démenti officiel et de reconnaissance d'usage de faux. Or Claude Jourde s'appuie sur ce texte pour construire son objet diffamatoire destiné, me semble-t-il, moins à défendre les jeunes africaines dont il est question, qu'à attaquer une institution - le Centre Georges Devereux - reconnue et appréciée. Comment peut-elle tenir et colporter de tels propos sur ce qui se passe, se pense et se fait dans cette institution à moins d'y avoir elle-même occupé une place (stagiaire, invitée, consultante, ) ce qui, à ma connaissance, na jamais été le cas ? Le Centre Georges Devereux est un espace unique, original et initiateur d'une circulation de la pensée capable de se nourrir à la source de plusieurs mondes sans les appauvrir ou les éteindre. Il cumule, à la fois, la pratique de la clinique, le travail de recherche universitaire et la véritable formation d'étudiants en psychologie clinique et pathologique. Combien de stagiaires peuvent-ils témoigner de leur activité clinique réelle sur leur lieu de stage ? C'est-à-dire de la prise de risque réciproque de la pensée de chacun, de la contrainte incontournable à réfléchir en direct sur leurs mouvements ainsi que sur la nature de ce qui les a initiés ? Le Centre Georges Devereux, c'est avant tout, l'accueil et la prise en compte de la souffrance et des difficultés liées à leur histoire et à leur parcours des familles migrantes qui se trouvent, par ailleurs, bien souvent dans une impasse face aux institutions habituelles juridiques, sociales et médico-psychologiques. Il constitue un lieu où un regard différent est porté sur ce qu'elles y déposent ainsi qu'un souffle de vie pour ces familles suspendues qui ne sont plus totalement de chez elles et ne sont pas vraiment chez elles en France. A contrario, le Centre Georges Devereux n'est certainement pas un lieu qui alimente des prises de position politiques ou des alliances dogmatiques par rapport à des controverses redondantes sur les rituels traditionnels. Le Centre Georges Devereux s'appuie, dans son fonctionnement clinique, sur le dispositif de l'ethnopsychiatrie, né il y a 20 ans de l'audace et de la richesse clinique d'un psychologue clinicien-chercheur, élève de Devereux : Tobie Nathan. En ce sens, il n'est absolument pas un espace de traitements traditionnels. Il est fort regrettable que les détracteurs de l'ethnopsychiatrie ainsi initiée par ce dernier, ne trouvent à nourrir leurs maigres arguments qu'à partir de faux ou de représentations mensongères. Parce que, à cet endroit, personne ne cherche à convertir quiconque, à le "civiliser" encore moins à le "tuer" !
Nathalie SCHLATTER-MILON Psychologue clinicienne Rennes, le 5 novembre 1999. |
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Par Catherine Grandsard |
A la suite de la publication de la réponse de Françoise Sironi et surtout du commentaire de Denis Sieffert qui laccompagnait, Catherine Grandsard a réagi ainsi : Comment osez-vous, Denis Sieffert, " regretter les aspects inutilement polémiques " de la réponse de Françoise Sironi au torchon que vous avez publié la semaine dernière sous le titre " Contre les dérives de l'ethno-psychiatrie " dans lequel Tobie Nathan se voyait accusé de glorifier " tortures et mutilations ", taxé " d'ignominie, de bêtise et d'ignorance ", traité de " hors-la-loi " exerçant " une influence d'autant plus dangereuse qu'il a créé le Centre Georges-Devereux " ?! Et lauteur de ces propos subtiles (et de bon goût) denchaîner en inventant de toutes pièces une prétendue nomination " inadmissible et intolérable " de Nathan comme " expert dans un procès à venir " contre les mutilation sexuelles puis de remettre en cause le fait " quil reçoive des subventions publiques depuis 1993 pour son centre ". Navez-vous pas honte, Denis Sieffert, de persister comme vous le faites dans lerreur, de refuser de reconnaître quil sagit bien là de mensonges et de calomnies ? Nêtes-vous pas gêné en votre qualité de journaliste davoir fait paraître un article entièrement basé sur une fausse interview publiquement démentie par le rédacteur en chef de la revue qui lavait publiée ? Quant à lentretien paru dans Science et Nature en février 95 (il y a donc bientôt cinq ans !), Tobie Nathan sest déjà maintes fois exprimé sur le sujet, et plus particulièrement dans un article publié dans Libération le 30 juillet 97. Avez-vous seulement pris la peine de le lire ? Combien de fois une personne doit-elle répéter la même chose avant dêtre entendue ? Vous êtes lassant, Denis Sieffert, lorsque vous affirmez que le texte de Sironi " revendique " un " relativisme culturel absolu " en reprenant sans les citer les termes dun Benslama ou autre Policar, grands maîtres de lart de la polémique stérile et des accusations déloyales. Sur quels propos de Sironi vous basez-vous pour dire cela ? En plus des nombreux textes universitaires traitant de lethnopsychiatrie (que vous navez manifestement pas lus), Tobie Nathan, Bruno Latour, Isabelle Stengers, et toute léquipe du Centre Georges-Devereux ont plusieurs fois expliqué aux médias que le relativisme culurel nintéresse pas lethnopsychiatrie clinique, quil ne sagit en rien de cela, et que tout leffort de cette discipline se situe dans la création de conditions propres à permettre une réelle rencontre, un débat équitable, avec le savoir ayant cours dans dautres univers et les personnes issues de ces univers. Et puis vous êtes sournois, Denis Sieffert, lorsque vous reprochez à Sironi de ne pas évoquer les " associations de femmes africaines qui répliquaient vigoureusement à Tobie Nathan " dans larticle de votre consur. Comme si larticle en question avait une quelconque légitimité. Combien de fois faudra-t-il dire quil est ENTIEREMENT FONDÉ SUR UNE INTERVIEW QUI NA JAMAIS EU LIEU ! ! ! Pour ma part, je me permettrai de conseiller à ces associations de sassurer en personne quelles ne se sont pas trompées dennemi en la personne de Tobie Nathan et du travail quil défend. De grâce, Denis Sieffert, épargnez votre mauvais foi à vos lecteurs. Elle est parfaitement indécente. Catherine Grandsard Attachée temporaire denseignement et de recherche Université Paris 8 |
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