La toxicomanie :
un réseau ultra-court
 
Tobie Nathan [2] , PhD &
  Catherine Grandsard [1], PhD
  [Texte paru dans "Les Cahiers de Prospective Jeunesse", numéro de mars 1997]
 

Karim

Karim porte le poids du monde sur ses épaules. Laconique, les sourcils froncés, il garde les yeux rivés au sol pendant tout la durée du premier entretien. Il a trente ans ; il est toxicomane depuis l’âge de 16 ans. Il a bien tenté d’"arrêter" une dizaine de fois mais à chaque fois, au bout de quelque temps, il s’est inéluctablement "replanté dans la came". Depuis quelque mois, il a cessé de s’injecter de l’héroïne et consomme une boîte de Néocodion®[3] par jour et des comprimés de Seresta® pour dormir. Il habite chez ses parents avec un de ses frères, mais seule sa mère lui adresse encore la parole. Il n’a aucune activité ; pour lui, le monde est "vide".

Rupture

Le père de Karim, Kabyle d’Algérie, est venu travailler seul en France à la fin des années 40, où il a rencontré sa future femme, une Française, catholique non pratiquante, originaire de Lorraine, orpheline de guerre et sans famille. Le couple a eu neuf enfants ; Karim est le huitième, le dernier des six garçons. Hormis une visite ponctuelle d’un oncle, Karim n’a jamais eu de contact avec sa famille paternelle et en ignore tout. Il ne comprend ni la langue kabyle ni l’arabe et ne s'est jamais rendu en Algérie. Dans sa famille, aucune pratique ou éducation religieuse – malgré cela, sept des neuf enfants portent des prénoms arabes et les garçons ont tous été circoncis selon la coutume algérienne. Mais la circoncision de Karim, telle qu’il la raconte, demeure problématique : il soutient que pour lui, une nouvelle technique a été appliquée, consistant à tremper son sexe dans un produit spécial, une espèce d’acide, afin que son prépuce se rétracte. Peut-être s’agissait-il là d’une technique de circoncision par cautérisation dont nous savons qu’il en existe aujourd’hui. Mais il est aussi possible que Karim ait construit ce "souvenir" à partir de plusieurs événements (infection, traitement d’une verrue, etc...).

Le père de Karim est un homme taciturne qui n’a jamais parlé du passé ni de sa famille. Mais il semble qu’il ait pensé que ses enfants seraient naturellement kabyles comme lui. C’est en tout cas le sentiment de Karim, car lorsque sa sœur aînée fit savoir qu’elle fréquentait un " Français " – qu’elle a d’ailleurs épousé par la suite–, au grand étonnement de toute la fratrie, le père de Karim saisit une ceinture pour la battre...

Dérive

Karim se souvient que vers l’âge de 14 ans, " ça n’allait pas " mais il ne parvenait pas à exprimer son mal être. Il sentait une énergie, une présence auprès de lui qui le terrorisait. Un cauchemar récurrent le taraudait : un avion en flammes menaçait de s’écraser sur lui. Sa mère n’était plus jeune et il se préoccupait de sa santé, veillait à ce qu’elle ne se fatiguât pas trop. Son père attendait de ses fils qu’ils s’occupent de leurs parents et Karim rêvait de travailler pour leur payer une maison de campagne. Ayant abandonné les études dès seize ans, un de ses frères le fit entrer comme vacataire dans une administration. Au travail, il était mal à l’aise.

" Le monde du travail m’a fait peur ; je ne me sentais pas à la hauteur ni capable d’assurer tous les jours. "

A la même époque Karim découvre les Evangiles et se sent attiré par le christianisme. Mais il n’ose concrétiser cet intérêt par peur de déplaire à son père. C’est à cette époque qu’il rencontre l’héroïne.

" Au début, l’héro m’aidait à ‘être normal’, mais petit à petit je n’arrivais plus à assurer et j’ai fini par démissionner. "

 

Une fois "dedans", la seule préoccupation de Karim consistait à trouver l’argent et / ou le dealer pour obtenir sa prochaine dose. Il y consacrait tout son temps : il était passé maître en "système D", maître en "tchatche". Il avait aussi appris à obtenir ce qu’il voulait auprès des assistantes sociales, des médecins, des pharmaciens – et cela par la pitié, la menace – le plus souvent "à l’usure"...

Régulièrement, Karim prend la résolution de tout arrêter mais dès qu’il parvient à se sevrer, son mal être revient : il se renferme, ne parle plus. Certaines questions l’obsèdent : qui est-il ? Un Arabe ou un Français ? Il ne supporte ni les groupes d’Arabes, ni les groupes de Français. Peut-être devrait-il apprendre l’arabe ? Mais que faire ? Sevré, il a le sentiment d’être un bébé, incapable de faire face aux exigences du quotidien. Dans ces moments, pour lui, le temps et la vie n’ont jamais commencés. Et puis, lorsqu’il demande de l’aide aux professionnels du dispositif de soins spécialisé en toxicomanie, il arrive toujours un moment où il a la conviction que ceux-là mêmes qui prétendent vouloir l’aider ont l’intention de l’exploiter, et il s’enfuit. Et, à chaque fois, inévitablement, il " replonge " dans un réseau dont il a appris à maîtriser les règles, dont il manipule les forces ne serait-ce qu’a minima, un réseau où toutes ces questions ne se posent plus.

Suite au décès de son père, survenu quelque temps après le début de nos entretiens, les frères et sœurs de Karim ont décidé de l’expulser de l’appartement parental, dont ils avaient en outre décidé de résilier le bail. Très vite, Karim s’est retrouvé à l’hôpital psychiatrique où il a séjourné dix jours, avant de prendre la fuite. Peu de temps après sa sortie, les membres d’un groupe de chrétiens évangélistes lui ont proposé une aide qu’il s’est empressé d’accepter. L’église est devenu son point de chute : il pouvait y manger, y être hébergé, trouver de la compagnie. Il entreprend de lire la Bible, se prend d’une sympathie particulière pour l’Ecclésiaste. Il tombe amoureux d’une jeune femme pure et pieuse, qu’il rêve de conquérir – sans trop d’espoir, néanmoins. Il accepte de " reconnaître Jésus ", non par foi mais " parce que ces gens sont sympas " avec lui. Il considère sa relation avec cette église comme " un jeu d’échec " : qui en sortira vainqueur ? Réussiront-ils à le convertir véritablement ? Régulièrement, les prières de l’homme qui l’héberge lui " prennent la tête " et il veut tout laisser tomber, partir en famille d’accueil. À d’autres moments, il se prend au jeu et récite avec conviction de longs passages des Evangiles. Un jour, alors qu’il distribue les Evangiles dans la rue avec un membre du groupe, un Musulman refuse avec véhémence en s’exclamant : " C’est quoi votre Dieu ? Il est en trois morceaux ! ". Karim est saisi d’une envie de jeter les Evangiles et de suivre l’homme, mais il n’est pas seul ; il n’ose pas... Peu de temps après, sa bien-aimée le repousse gentiment et, dépité, il quitte l’église, pour " replonger " une nouvelle fois : l’héroïne, le crack, les cachets... et tout particulièrement l’Artane®[4]. Consommé à haute dose, ce médicament procure une " défonce " et, en toute logique, cette défonce a fini par mener Karim à... l’hôpital psychiatrique. Après un mois d’hospitalisation, il a décidé de partir en province dans un centre de postcure où il se trouve actuellement.

Sylvie

Sylvie a vingt ans. Petite jeune femme plutôt joviale et jolie, elle consulte car elle se sent "mal dans sa peau" : elle se trouve bête, "fait des complexes", n’arrive pas à parler à ses parents. Elle est en terminale mais a peu d’espoir d’obtenir son bachot et craint la réaction de son père. Son petit ami, Eric, un Breton de 45 ans, ancien toxicomane devenu hindouiste, a décidé il y a deux ans de remettre Sylvie " dans le droit chemin ". Or, Eric recueille régulièrement chez lui des jeunes femmes maghrébines toxicomanes ou prostituées qu’il tente de sortir d’affaire et qu’il oriente parfois vers des centres de soin. C’est ainsi que Sylvie lui a subtilisé les coordonnées de l’association[5], destinées en fait à une autre de ses "protégées".

Le père de Sylvie est né en Algérie en 1954 dans une famille kabyle. Lorsqu’il était encore petit, ses parents se sont installés en France avec leurs enfants. Marié très jeune "au bled" avec une cousine qu’il devait faire venir en France, au grand dam de ses parents, il abandonne rapidement cette femme pour s’installer avec la mère de Sylvie qui avait dix-neuf ans et qui se trouvait enceinte de lui. Sa nouvelle femme est née en France, de parents eux aussi immigrés de Kabylie. Ainsi naquit Sylvie. Deux autres enfants arrivèrent par la suite, dont un garçon qui fut circoncis. Le frère et la sœur de Sylvie portent des prénoms arabes. Comme dans la famille de Karim, la circoncision et les prénoms sont les seules marques perceptibles des origines de la famille. Sylvie, elle, a reçu deux prénoms : le premier, français, donné par son père, et un autre, Zahia, donné par sa mère qui maîtrise mal la langue kabyle. Dans la famille, on a toujours parlé le français et Sylvie ne connaît pas un seul mot de kabyle ni d’arabe. Petite, elle a été placée en nourrice. Elle se souvient que sa mère la frappait et que ses parents se disputaient souvent. Son père, tout comme ses oncles, buvaient à l’excès, mais suite à une crise d’asthme particulièrement sévère, il a cessé de boire – Sylvie avait huit ans. Aujourd’hui encore, les parents de Sylvie se disputent souvent, parfois violemment. Sylvie constate qu’ils ne se parlent qu’à travers elle : " je suis leur couple " affirme-t-elle. Sa famille forme un isolat qui entretient peu de relations avec l’extérieur.

La scolarité de Sylvie a posé problème d'emblée. Dès le cours préparatoire, qu’elle a d’ailleurs redoublé, elle se met à mentir, tricher, voler. Par la suite, elle s’applique surtout à intercepter toute communication entre l’école et ses parents (carnet de liaison, billets d’absence, etc.) par crainte des colères de son père qui pousse tous ses enfants à réussir dans les études. Adolescente, elle sollicite une assistante sociale pour dénoncer le comportement incestueux de son père à son égard. Rapidement, elle se rétracte. Elle dit aujourd’hui qu’elle a délibérément menti parce que son père était trop sévère. Parce qu'elle supposait que l'intervention des services sociaux écarterait l’étau, lui donnerait un peu plus de liberté. Puis, à l’insu de ses parents, elle se met à fréquenter les cafés l’après-midi, à boire, à fumer du cannabis, à "coucher avec n’importe qui". Elle raconte à qui lui demande que sa famille est italienne. De fait, elle met en place une vie parallèle à sa vie familiale, une vie imaginaire.

Sylvie décrit sa rencontre avec Eric comme une aubaine : grâce à lui, elle a évité de se perdre complètement. Il est un maître pour elle et c’est désormais chez lui qu’elle passe ses après-midi, ses week-ends, toujours à l’insu de ses parents. Il l’initie à l’hindouisme, lui confie une photo de son gourou qu’elle garde dans son sac. Mais dès qu’elle se trouve face à plusieurs personnes, Sylvie perd tous ses moyens. Elle est en proie à de véritables crises d’angoisse, l’amenant parfois à s’enfermer dans les toilettes de son lycée jusqu'à se ressaisir. Elle ne supporte pas les groupes, dit-elle, car elle ne sait pas à quel groupe elle appartient elle-même. Elle observe les filles kabyles de sa classe avec intérêt mais n’ose les fréquenter. Lorsqu’Eric reçoit d’autres personnes chez lui, elle n’arrive pas à parler, se trouve idiote, fait des scènes de jalousie après leur départ. Lors d’un tel épisode, Eric lui lance qu’elle devrait voir un psy et c’est pour cela qu’elle a pris les coordonnées du centre qu’il avait obtenues pour une autre jeune femme qu’il avait prise sous son aile. Elle n’a pas informé ses parents de sa démarche.

A considérer le parcours de Sylvie, son égarement d’abord, ensuite sa rencontre avec Eric – ancien toxicomane œuvrant toujours dans le réseau en qualité de "repenti" (sans doute au nom d’un autre réseau, hindouiste cette fois-ci) et enfin sa demande de thérapie dans un CSST, il semblerait que pour sortir de l’impasse dans laquelle elle se trouvait, elle se soit reliée au réseau "toxico" – dont le dispositif de soin fait partie intégrante – sans pour autant passer par l’usage des substances elles-mêmes.

Commentaires

Dans le travail de recherche que nous menons sur les systèmes thérapeutiques, nous avons progressivement découvert l'importance des choses [6]. Par "chose", nous entendons des objets, des substances, des systèmes…, créés par un groupe, et "fabriquant" à leur tour les personnes. Ainsi, les langues, la cuisine, ou les objets thérapeutiques figurent parmi ce type de "choses". Expliquons-nous. Si l'on admet une telle définition, la langue est effectivement une des premières "choses" que rencontre un individu. On peut de fait considérer la langue comme un système "externe" au sujet ; mais l'on doit également admettre que ce système contribue de manière intense et significative à la construction interne du sujet. Il n'est pas indispensable de se prononcer sur des problèmes indécidables tels que "existe-t-il une pensée hors la langue ?" ou "toute langue est-elle traduisible en telle autre ?" pour constater l'importance de la langue dans la constitution d'un individu. Or, il est évident que les langues sont fabriquées par les groupes et non par les personnes. Les langues sont même l'exemple incontournable prouvant la créativité spécifique des groupes. À la question : "qui a inventé la langue française", on ne peut répondre que "le groupe des locuteurs du français". L'on peut même ajouter que la création de ce type d'objets est quotidiennement renouvelée et ajustée. On dit alors que "la langue française évolue". Il serait plus juste de dire que la langue française est créée tous les jours. Si l'on admet un tel point de vue, son corollaire s’impose : les humains sont tous semblables, et c'est précisément pour cette raison qu'ils sont culturellement distincts. En simplifiant : tous les humains sont fabriqués par des langues – en cela, ils sont semblables – mais les langues sont radicalement différentes les unes des autres – c'est pourquoi ils sont culturellement si distincts.

Nous avons pris le cas des langues comme exemple paradigmatique. Mais si, dans la différenciation culturelle, la langue est un objet majeur, elle n'est pas le seul, loin de là ! La cuisine en est évidemment un autre, tout aussi discriminant, dont l'influence sur la construction de la personne pourrait être résumée de la manière suivante : "l'on est ce que l'on mange". Facile de faire découler de ce constat la compréhension des usages culinaires, et surtout l'importance des interdits alimentaires servant à distinguer les groupes culturels, les sous-groupes, les clans ou les familles. Ce second exemple nous donne une explication supplémentaire : c'est en entrant dans la personne que la "chose" acquiert cette importance cruciale dans sa construction. Mais les choses n'existent que pour autant qu'un groupe structuré les produit ; que pour autant que des réseaux complexes les maintiennent. Pour que les Musulmans de France puissent manger de la viande hallal , c'est-à-dire "licite", il faut que tout un réseau soit mis en place allant de l'abattage rituel à la distribution dans les boucheries.

Un troisième exemple est certainement plus significatif encore : celui fourni par les objets produits au cœur des systèmes thérapeutiques. Pour un patient d'origine antillaise, prendre des "thés" (des tisanes) ou des "bains de feuillages", implique évidemment qu'il puisse se procurer les ingrédients de base indispensables à la fabrication des remèdes ; présuppose donc qu'il existe un réseau allant de la culture ou de la récolte des plantes à leur distribution dans une grande métropole occidentale. De même, pour un patient d'origine malienne qui absorbe des poudres d'écorce d'arbres ou de différentes substances minérales, l'on doit évidemment supposer l'existence d'un réseau semblable. Mais l'existence de tels réseaux n'est possible qu'à condition que le groupe soit relativement stable et structuré autour d'objets centraux. Ces objets, nous le savons, existent bien – fétiches d'un village ou d'une famille (bolis), pour ce qui concerne les patients maliens, par exemple, objets rituels, parfois singuliers, autour desquels est constituée la chapelle du quimboiseur ou du gadédzaffè antillais.

Au delà des grands principes et des idéologies, ce que l'on désigne généralement sous le terme abstrait d'appartenance est en fait lentement structuré par des réseaux complexes de "choses" – langues, plats cuisinés, plantes, objets de cultes, actes rituels…

Or, les deux patients évoqués ici, Karim et Sylvie, sont à la fois conscients depuis l'enfance de ce que l'on pourrait désigner comme une "obligation d'appartenance" – le père de Karim s'attend à ce que son fils soit "naturellement" kabyle ; le père de Sylvie à ce que ses enfants adhèrent spontanément à la philosophie qui a organisé son existence. Mais les enfants n'ont pas été progressivement inclus dans les réseaux de choses – ni la langue, ni la cuisine, ni les objets thérapeutiques. Seuls deux registres leur sont spontanément accessibles : les prénoms et les marques corporelles (circoncision). Il faut croire que ces deux "choses" sont trop isolées ; qu'elles n'ont pas été suffisamment relayées par des "choses" quotidiennes, des habitudes, des paroles, qui seraient venues les asseoir dans les personnes. L'on peut alors imaginer que l'accès à la toxicomanie vienne à la fois remplacer et barrer l'accès aux réseaux désormais devenus impossibles à pénétrer.

L'on pourrait alors parvenir à une sorte de formule : l'obligation d'appartenance ajoutée à l'impossibilité d'accéder aux réseaux de choses produit une sorte d'appétence envers les réseaux ultra-courts, c'est-à-dire qui conduisent en très peu de temps de la chose au réseau. C'est certainement le cas des drogues qui, partant des "choses" (les substances), incluent quasi immédiatement les personnes dans des groupes impliquant langage propre, habitudes, savoir faire, types de liens, etc.

Le traitement des toxicomanies a essentiellement été pensé à partir des sujets – fonction du symptôme dans l’économie psychique du sujet ou dans les relations familiales. Or, ces dernières années, l’avènement des traitements de substitution et l’apparition de nouveaux produits (l’Ecstasy par exemple) ont bouleversé aussi bien les pratiques des professionnels de soin que les usages des consommateurs. A travers l’esquisse du parcours d’un toxicomane avéré et d’une jeune femme en danger de le devenir, nous souhaitions illustrer l’intérêt qu’il y aurait à penser la question à partir des substances elles-mêmes et des réseaux constitués autour de ces substances. Il nous semble en effet qu’une telle approche pourrait rendre compte de l’ensemble du phénomène – tant du point de vue des consommateurs que des professionnels sans cesse contraints à modifier les dispositifs de soin aux gré des produits et des usages ayant cours –, et déboucher sur de nouvelles propositions de prise en charge.

 

Abstract

A partir de l’esquisse du parcours d’un toxicomane avéré et d’une jeune femme en danger de le devenir, les auteurs proposent de penser la question de la toxicomanie à partir des drogues elles-mêmes et des réseaux constitués autour de ces subsances. Ils fondent leur argument sur les résultats de recherches menées sur les systèmes thérapeutiques d’où ressort l’importance des "choses" (langues, cuisine, objets thérapeutiques...) et des réseaux qu’elles produisent dans la construction des personnes.

 

Mots clés

Toxicomanie. Substances (drogues). Réseaux. Appartenance. Ethnopsychiatrie

Notes      
 

[1] . Maître de Conférences, Université Paris 8, Psychologue clinicienne, Directrice-adjointe du Centre Georges Devereux.

[2]. Professeur de Psychologie clinique et pathologique Université de Paris 8.

[3]. Comprimés antitussifs codéïnés, en vente libre.

[4]. Correcteur antiparkinsonien destiné àatténuer les effets secondaires de certains neuroleptiques.

[5]. Association La Corde Raide, Centre de soins spécialisé en toxicomanie, Paris.

[6]. Recherches menées au Centre Georges Devereux, Université de Paris 8. Cf Tobie Nathan, "Éléments de psychothérapie" in T. Nathan, A. Blanchet, S. Ionescu, N. Zajde, Psychothérapies , Paris, Odile Jacob, 1998.

       
 

Si vous souhaitez écrire aux auteurs : Catherine Grandsard ; Tobie Nathan .

Droits de diffusion et de reproduction réservés © 1999-2010, Centre Georges Devereux