La névrose ou la poule ?


Note ethnopsychanalytique sur le "petit homme-coq" (Ferenczi) , les poulets de Kappara et la circoncision.*

par Nathalie Zajde

mâitre de conférences de Psychologie clinique et pathologique à l'Université de Paris 8

 
 

"Di zolst me shoïn zein a shaïne, raïne guépoure!"
[1]

Ferenczi a publié en 1913 "Un petit homme-coq", article célèbre dans lequel il relatait le cas d'un tout jeune garçon ayantsubi un étrange traumatisme – sans doute l'occasion d'exposer une histoire clinique hors du commun, comme il les aimait ; mais aussi de déployer, et sur un cas concret, deux étiologies issues du champ psychanalytique: le traumatisme et le complexe de castration. Cependant, comme dans tout article rédigé par un vrai clinicien, l'interprétation est loin d'épuiser la compréhension du récit. Je me propose de discuter ici certains aspects ethnopsychanalytiques négligés par Ferenczi.


Le cas

À la suite de vacances passées à la campagne, le petit Arpad, âgé de cinq ans, gamin intelligent et vif, a inopinément présenté un comportement inquiétant. Il ne parlait pratiquement plus et ne faisait qu'imiter le caquètement des poules et le cri du coq.

"Il caquète et pousse des cocoricos de façon magistrale. À l'aube, il réveille toute la famille – un véritable Chanteclair – au son d'un vigoureux cocorico [2].

…/…


Sandor Ferenczi
Ferenczi – qui n'a vu le petit Arpad qu'une seule fois; qui n'a d'ailleurs entrepris aucun travail psychothérapique avec lui – l'enfant, s'intéressant exclusivement aux poulets, avait refusé de se prêter au jeu – entreprit d'interroger une proche sur les origines de la maladie du petit patient…/…
Texte paru dans Nouvelle Revue d'Ethnopsychiatrie, Ní 31, 1996, 35-52 ; enrichi ici de sept photographies originales de l'auteur

 

Lire la suite dans le nouveau livre de Tobie Nathan et Nathalie Zajde, Psychothérapie démocratique, Paris, Odile Jacob, 2012

 

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